Cindy Tye trouve sa voie en enseignant à Dalhousie le sport qu’elle adore
Pour l’entraîneure-chef des Tigers de Dalhousie Cindy Tye, le terrain de soccer a toujours été bien plus qu’un lieu de compétition. C’est aussi un endroit pour enseigner.
« Je suis professeur, donc je considère que le terrain est l’équivalent d’une salle de classe, indique Tye. J’essaie toujours d’enseigner et de trouver différentes façons de le faire. Je collabore beaucoup avec mon personnel. J’aime travailler avec les autres, tirer profit de leurs forces et apprendre d’eux ».
Cette combinaison de mentorat et de travail d’équipe a façonné le parcours de Tye, de ses débuts de précurseure comme joueuse pour devenir l’une des personnalités les plus respectées du sport universitaire canadien.
L’ histoire de Tye au soccer a commencé en Nouvelle-Écosse quand elle avait cinq ans environ. C’est là qu’elle a rejoint les rangs d’une équipe de garçons, parce qu’il n’y avait aucun programme féminin.
« J’ai joué dans des équipes qui n’alignaient que des garçons jusqu’à l’âge de 13 ou 14 ans », raconte-t-elle.
Elle a fini par se retrouver avec l’équipe de l’Université Acadia, où elle a eu une incidence immédiate.
« Nous avons remporté un championnat national à ma première année, rappelle-t-elle. C’était le bon endroit pour moi. J’avais un entraîneur qui était très passionné et des coéquipières formidables. J’y ai vécu une expérience extraordinaire en tant qu’étudiante-athlète ».
Après l’université, Tye a continué de jouer avec l’équipe nationale féminine du Canada jusque dans la vingtaine. Quand elle a subi une blessure importante, une amie l’a convaincue de suivre un cours d’entraîneur, une décision qui allait l’amener à emprunter un tout nouveau parcours.
« Je ne voulais pas vraiment le faire, pour être bien honnête, dit-elle en riant. Toutefois, je l’ai fait et ça m’a donné des compétences qui ont fait sorte qu’au moment où des portes se sont ouvertes, j’ai pu proposer ma candidature. Ça s’est fait de façon un peu progressive et naturelle pour moi, ce n’était pas quelque chose que je cherchais au départ ».
Elle affirme que le passage de joueuse à entraîneure ne s’est quand même pas fait facilement.
« J’étais blessée, et ensuite j’ai accepté mon premier poste à un plus haut niveau avec le groupe des Jeux du Canada, dit-elle. L’entraîneur m’a dit, ‘Tu peux venir pour jouer et pour agir comme entraîneure.’ Ça s’est donc fait petit à petit. J’étais encore sur le terrain, mais dans un rôle différent, et ensuite j’ai lentement migré vers la ligne de touche ».
Cet équilibre entre l’enseignement et l’apprentissage continue de façonner sa façon de gérer les choses.
« J’essaie de rester très ouverte et de communiquer continuellement avec les joueuses, en cherchant à tirer le meilleur d’elles, explique-t-elle. Je n’arrête jamais d’apprendre. J’apprends aussi d’elles en cours de route ».
Le cheminement de carrière de Tye a fini par la ramener à Halifax, où elle a rejoint les rangs du programme de soccer féminin de Dalhousie tout en enseignant à temps partiel et en travaillant comme entraîneure dans un centre régional.
« Il y avait une ouverture de poste et la direction des sports m’a contactée, a-t-elle indiqué. Je n’y pensais pas vraiment à ce moment-là, mais j’ai décidé d’en faire l’essai. Lentement, c’est devenu quelque chose de plus en plus solide. Éventuellement, on m’a offert un poste à temps plein et maintenant, je suis la directrice des sports et entraîneure en même temps ».
Cumuler ces deux postes peut représenter tout un défi, mais Tye se nourrit de l’énergie qu’il y a sur le campus.
« Tout va à un rythme effréné à ce temps-ci de l’année, évidemment parce que c’est la saison, souligne-t-elle. Quand ma saison ralentit et que les autres prennent leur élan, je peux me concentrer sur les autres équipes et les autres étudiants-athlètes. J’essaie de bien répartir mes efforts ».
Selon Tye, c’est exigeant, mais c’est aussi très gratifiant.
« Je me passionne énormément pour le sport, dit-elle. J’adore travailler au sein d’une équipe, et aussi l’énergie que donnent les jeunes au groupe. Nous avons des étudiantes-athlètes tellement formidables, j’aime les voir évoluer et devenir de jeunes adultes, et ensuite aller ailleurs avec ce qu’elles ont acquis ».
Cette vision des choses est à la source des conseils qu’elle aimerait donner à la prochaine génération d’entraîneurs.
« Si vous faites quelque chose que vous aimez, vous n’aurez pas l’impression que vous travaillez dans la vie, assure-t-elle. Si vous trouvez quelque chose que vous adorez vraiment et que vous y excellez, faites-y de la place dans votre vie ».
Elle encourage les anciens joueurs et joueuses à commencer tôt en obtenant leur certification et en trouvant un mentor.
« En ce moment, j’ai trois anciens étudiants-athlètes au sein de mon personnel, fait-elle remarquer. Ils ajoutent tellement de valeur à notre environnement. Obtenez vos certifications et trouvez-vous un environnement où vous pourrez apprendre et tisser des liens avec un entraîneur. La plupart des entraîneurs que je connais acceptent avec plaisir de faire du mentorat ».
Tye sait aussi à quel point ces premiers pas peuvent être intimidants.
« Ça peut être très angoissant, a-t-elle reconnu. La préparation est importante. Il faut avoir les idées claires en ce qui a trait au rôle que vous voulez jouer, poser des questions et quand vous vous retrouvez à la tête de quelque chose, assumez-vous. Faites entendre votre voix, demandez de la rétroaction et tirez-en les leçons qui
s’imposent ».
Aux yeux de Tye, le succès ne se mesure pas seulement en fonction de ce qui se trouve sur le tableau indicateur.
« Évidemment, tout le monde veut gagner, et ça fait partie du processus, affirme-t-elle. Toutefois, il y a plusieurs façons de gagner. Ça peut être la réussite scolaire, les regarder faire la transition vers le monde réel ou les voir surmonter les obstacles. S’ils ressortent d’ici avec un diplôme et un vécu qui les a marqués, c’est une victoire pour nous ».
La passion qu’elle affiche pour U SPORTS trouve sa source dans quelque chose de profondément personnel.
« C’est un milieu de travail formidable, dit-elle en conclusion. Tu travailles avec des jeunes qui sont intelligents, motivés et disciplinés. Je sais à quel point cette expérience que j’ai vécue a eu de la valeur pour moi, tout comme les gens qui m’ont aidée à faire de moi la personne que je suis devenue. De le faire à mon tour pour d’autres personnes maintenant, il n’y a rien de plus valorisant ».
