De Montréal à Halifax : Kareem Sow, preuve que les étudiants-athlètes peuvent avoir deux rêves
À son arrivée à l’Université de Montréal en 2018, Kareem Sow s’est résigné à l’idée que son rêve de jouer au soccer dans les rangs professionnels n’allait sans doute jamais se réaliser.
La Première Ligue canadienne n’existait pas encore et Sow avait déjà commencé à élaborer de nouveaux projets d’avenir. Il s’est inscrit en génie mécanique, résolu à obtenir son diplôme et à abandonner le sport qu’il avait pratiqué depuis son enfance.
Cependant, il a vite réalisé qu’il n’avait pas besoin de choisir entre les deux.
« Au départ, j’avais l’impression que l’avenue du soccer professionnel, c’était terminé pour moi, indique Sow. Je me suis dit, OK, j’ai juste à obtenir mon diplôme et ensuite, ce sera fini, je ne vais plus jouer au soccer. Ensuite, évidemment, il y a la PLC qui est apparue et qui a ravivé mon intérêt, et ça m’a fait penser qu’il y avait peut-être une chance que je puisse faire les deux. Au bout du compte, c’est en plein ça qui est arrivé ».
Aujourd’hui, le défenseur de 25 ans est un joueur établi chez les Wanderers de Halifax, issu d’un parcours au soccer qui a commencé à Ottawa, a pris un bon élan à l’Université de Montréal et s’est poursuivi au niveau professionnel.
L’amour pour son sport, Sow l’a ressenti très jeune.
« J’ai commencé à jouer dès que j’ai été capable de botter un ballon, vers l’âge de quatre ou cinq ans », déclare-t-il.
Son père a été son entraîneur à ses premières années à Ottawa avec les Hornets de Gloucester, puis Sow est allé s’installer à Montréal pour rejoindre les rangs de l’Académie du CF Montréal, le club de la MLS qui s’appelait l’Impact de Montréal à l’époque. Après y avoir passé plusieurs années, il est retourné à Ottawa pour terminer l’école secondaire, puis il s’est inscrit à l’Université de Montréal.
Ce qui a suivi s’est avéré un des chapitres déterminants de sa vie.
En raison du fait qu’on lui a accordé une année d’admissibilité supplémentaire à cause de la pandémie de la COVID-19, Sow a passé près de six ans au total avec les Carabins, contribuant aux succès d’un des meilleurs programmes de soccer au pays.
« Ç’a probablement été le plus beau chapitre de ma vie jusqu’ici, souligne-t-il. L’université a été un moment vraiment très spécial pour moi et je n’ai que du positif à dire de cette période ».
Les victoires ont joué un rôle important à cet égard. Les Carabins ont décroché quatre titres d’association et deux championnats nationaux pendant son passage avec l’équipe, mais les liens qu’il a tissés en dehors du terrain lui sont tout aussi chers.
« Les gars étaient toujours ensemble, ils allaient en classe le matin et ensuite à l’entraînement en après-midi, raconte-t-il. Ensuite, en soirée, tout le monde se retrouvait chez l’un d’entre nous, à jouer à des jeux de société, à faire je ne sais quoi. Nous avons eu tellement de plaisir à l’université ».
Ces années-là ont façonné la personne qu’il allait devenir.
Sow est d’ailleurs reconnaissant à l’endroit de l’entraîneur-chef des Carabins Pat Raimondo, qui lui a inculqué des valeurs qui lui sont restées à Halifax.
« La mentalité que j’ai acquise à l’université comporte beaucoup de principes auxquels je continue d’adhérer à ce jour en termes de culture et aussi de l’importance d’être une bonne personne et un bon coéquipier, dit Sow. Ce sont des valeurs que Pat Raimondo a vraiment martelées chez tous les joueurs de l’équipe ».
Maintenant un des vétérans au sein de l’effectif des Wanderers, Sow essaie d’offrir le même type de conseils à ses plus jeunes coéquipiers qui en sont à leurs premières armes au niveau professionnel.
« J’essaie en quelque sorte d’interagir avec eux et de m’assurer que je suis toujours positif, en train de les encourager, explique-t-il. C’est seulement à l’aide d’encouragements positifs qu’ils pourront vraiment offrir le meilleur d’eux-mêmes ».
Son passage de U SPORTS à la PLC s’est fait plus facilement qu’il ne s’y attendait.
Repêché par Halifax en 2020, Sow a passé plusieurs mois à mener de front sa carrière professionnelle dans le soccer et ses études en génie. Les Wanderers l’ont appuyé dans sa décision de faire ses études en premier lieu, lui permettant de s’absenter à l’occasion du camp d’entraînement pour qu’il puisse passer ses examens.
« Ils ont été super, super accommodants, assure Sow. Je voulais obtenir mon diplôme avant de m’engager pleinement dans le monde du soccer professionnel ».
Ce soutien est venu renforcer un message qu’il tient à transmettre aux aspirants étudiants-athlètes.
« C’est possible de faire les deux, affirme-t-il. Ce n’est pas le soccer ou les études. Tu peux vraiment, vraiment faire les deux ».
Sow estime que U SPORTS est une avenue de plus en plus viable vers le soccer professionnel, soulignant le fait que de plus en plus de joueurs canadiens passent par les rangs universitaires avant d’aboutir dans la PLC ou ailleurs.
« Le système de U SPORTS a permis à un très grand nombre de joueurs de rejoindre les rangs de la ligue, et même d’aller plus loin », souligne-t-il.
Il donne l’exemple de Joel Waterman, de l’Université Trinity Western, comme preuve de ce qu’il affirme.
« J’ai joué contre lui à ma première année en 2018, a fait savoir Sow. Quelques années plus tard, il s’est littéralement retrouvé à la Coupe du Monde. C’est donc possible ».
Au moment où le Canada accueille la Coupe du Monde de la FIFA 2026 cet été, Sow fait partie des nombreux joueurs canadiens qui sont inspirés par la croissance rapide du soccer partout au pays.
« L’exemple le plus évident est la PLC, note-t-il. D’une année à l’autre, si on compare la ligue telle qu’elle était en 2019 à ce qu’elle est devenue maintenant, la progression est énorme ».
Bien que sa priorité demeure d’aider Halifax à réussir, son rêve ne s’arrête pas là.
« La prochaine Coupe du Monde est en 2030 et qui sait ce qui peut arriver, fait remarquer Sow. Ça va extrêmement vite dans le football. Si tu connais deux, trois bonnes saisons, tu peux monter de niveau chaque fois ».
Il s’est arrêté un moment avant d’y aller d’une dernière remarque.
« Peut-être que c’est à la portée de n’importe qui. Peut-être que c’est à ma portée ».
