De jeunes coéquipiers à mentors à l’échelle mondiale : Le parcours de Khilji et Hassan grâce à Dribble Dreams
Kumail Khilji et Ismail Hassan racontent que lorsqu’ils étaient plus jeunes, ils avaient l'habitude d’entrer furtivement dans le centre récréatif de leur quartier juste pour avoir l’occasion de pratiquer du sport. Maintenant, les deux athlètes de l’Université de Guelph ont brisé des barrières et ouvert des portes au profit de centaines d’enfants au Canada et à l’étranger.
Hassan, un arrière qui entreprend sa quatrième année avec l’équipe de basketball masculin des Gryphons, et Khilji, un récent diplômé et ancien joueur de football, sont les cofondateurs de la Fondation Dribble Dreams. Ce qui était initialement un camp communautaire en 2023 s’est transformé en initiative d’envergure mondiale qui permet à des étudiants-athlètes d’interagir avec des jeunes de milieux mal desservis.
« Le basketball m’a ouvert tellement de portes », a indiqué Hassan.
« J’ai eu d’excellents entraîneurs et mentors qui se souciaient de moi comme personne, pas seulement comme athlète. Le fait de pouvoir donner au suivant, même si c’est pour un seul enfant, est la chose la plus gratifiante que nous puissions faire ».
Khilji et Hassan ont d’abord fait connaissance à l’école, où ils ont joué dans la même équipe de basketball en huitième année et sont devenus des amis. Après avoir étudié dans différentes écoles dans les années qui ont suivi, ils se sont retrouvés en 2021 quand ils ont été recrutés par les Gryphons.
Hassan, qui se remettait encore d’une blessure au LCA qui l’a gardé à l’écart du terrain pour plus de 1000 jours au total, tenait à trouver des façons de redonner. Khilji, de son côté, avait reçu deux prix consécutifs de service aux familles à titre de membre de l’équipe de football. Ils avaient chacun déjà lancé leur propre modeste programme communautaire, mais ils ont vu une occasion de se mettre ensemble pour faire quelque chose de plus important.
En 2023, Hassan avait déjà mis sur pied Dribble Dreams pour « outiller les jeunes grâce au basketball », tandis que Khilji a lancé un projet de flag-football dans la grande région de Toronto. Ils voyaient toutefois les choses du même œil en matière d’accessibilité, ce qui les a incités à unir leurs efforts et à étendre leurs activités à l’étranger.
À l’occasion du premier été de Dribble Dreams, une centaine d’enfants se sont inscrits. Il y en a eu le double en 2024, alors que la moitié des places ont été réservées pour une programmation ciblant les filles. L’été dernier, 250 jeunes ont participé, alors qu’on a créé une division pour les jeunes des écoles secondaires. En demandant 50 $ par participant(e), au lieu de 200 $ à 400 $ comme c’était le cas pour la plupart des autres camps, la fondation voulait que ce soit abordable, demandant l’aide de plus de 10 commanditaires locaux et d’une équipe de bénévoles pour y arriver.
« Notre modèle, c’est que ce soit à petit coût, mais avec une grande influence », a souligné Hassan.
« Nous voulons éliminer les entraves pour que n’importe quel jeune puisse venir, apprendre et tisser des liens ».
Sur le terrain, Khilji s’occupe de force et de conditionnement physique tandis que Hassan agit comme entraîneur, mais ils passent tous deux du temps à diriger des exercices, multipliant les tapes dans les mains et les encouragements à l’intention des participants.
« Être sur le terrain avec les enfants, c’est l’un des aspects les plus satisfaisants », a affirmé Hassan.
Leurs efforts se sont aussi étendus bien au-delà des limites de Guelph. Au mois de décembre 2024, ils ont voyagé au Kenya pour y tenir un camp de mentorat de basketball. Cinquante adolescents ont eu droit à des fournitures scolaires, des trousses d’hygiène et une semaine d’enseignement donné par des entraîneurs canadiens et locaux. Le camp a permis d’amasser 1 million de shillings, soit l’équivalent de 10 000 dollars canadiens environ, au profit du quartier. Ils ont tous deux gardé contact avec plusieurs des athlètes qu’ils ont rencontrés là-bas.
« Quand tu te présentes là la première journée, tu es un étranger », a noté Khilji.
« Rendu à la cinquième journée, tu fais partie de la communauté. Le basketball a permis de surmonter la barrière de la langue et nous a rassemblés. »
Au mois de décembre prochain, ils prévoient emmener Dribble Dreams en Ouganda, ce qui permettra notamment de réaliser un projet important en reconstruisant le principal terrain extérieur à Kampala.
« C’est le grand carrefour du basketball au pays, mais il s’est considérablement détérioré, » a fait savoir Hassan.
« Nous voulons que ce soit une ressource durable pour la communauté ».
Ce désir de redonner qui existe chez eux a pris naissance en raison de ce qu’ils ont vécu personnellement. Khilji se souvient des défis que sa famille a dû relever après s’être installée au Canada en provenance du Pakistan. À l’école secondaire, le parent d’un coéquipier ea commandité pour qu’il puisse payer ses frais d’inscription au football, un geste qui a laissé une impression durable.
« À partir de ce moment, j’ai eu le sentiment qu’il y avait une responsabilité qui m’incombait », raconte Khilji.
« Si un jour, je me retrouvais dans une position où je pourrais redonner, il faudrait que je le fasse ».
Hassan donne le crédit aux entraîneurs qui ont priorisé son développement en dehors du terrain, surtout après sa longue absence attribuable à sa blessure.
« Le sport m’a appris à être résilient », a-t-il affirmé.
« Ça va au-delà des victoires et des défaites. C’est une question de compétences fondamentales de la vie que tu garderas ensuite ».
Leurs programmes ont déjà touché plus de 600 jeunes en trois ans, mais parfois l’influence se mesure au moyen de récits personnels. Hassan se souvient d’avoir reçu le courriel d’un parent qui combattait le cancer et qui n’avait pas les moyens d’inscrire son enfant dans un programme sportif. Dribble Dreams a réservé une place à cet enfant, si bien que celui-ci a pu jouer gratuitement.
« C’est pourquoi nous faisons ce que nous faisons », a noté Hassan.
« Éliminer les entraves pour que les enfants puissent profiter des bienfaits du sport ».
Les deux soulignent l’importance d’encourager les étudiants-athlètes à redonner pendant qu’ils jouent encore.
« Il n’y a pas de meilleur moment pour commencer que maintenant », a lancé Khilji.
« Les gens se disent qu’ils vont attendre de le faire après leur carrière, mais tu seras toujours occupé. Sers-toi des compétences que tu es déjà en voie de développer comme athlète et mets-les en pratique dans quelque chose de plus grand ».
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