Faites connaissance avec le responsable de l’entretien des terrains de l’UBC qui prépare le Centre national de développement du soccer pour la Coupe du Monde
Fort de plus de quatre décennies d’expertise dans la gestion des surfaces de jeu de haute performance, Gary Bartley, le responsable de l’entretien des terrains à l’UBC, est l’architecte technique qui a la responsabilité du terrain de soccer de classe mondiale qu’on retrouve sur le campus de Vancouver de l’UBC. Depuis 2015, son équipe et lui ont la complexe tâche de veiller à ce que les terrains naturels et synthétiques puissent être à la hauteur des besoins d’équipes professionnelles comme les Whitecaps de Vancouver et le Rise de Vancouver, et aussi ceux des différents programmes universitaires et groupes communautaires.
Alors que le Centre national de développement du soccer (CNDS) à l’UBC s’apprête à servir de camp de base et de centre d’entraînement pendant la Coupe du Monde de la FIFA 2026™ à Vancouver cet été, Bartley se consacrera à la science « invisible » de l’entretien du gazon, où il doit notamment veiller à des détails comme l’humidité du sol et la résistance à l’arrachement, des notions qui échappent à l’attention de la plupart des partisans, mais qui permettent aux athlètes de niveau élite de profiter des conditions uniformes dont ils ont besoin pour bien performer à l’échelle mondiale.
En quoi consiste votre travail pour préparer l’UBC en tant que centre d’entraînement en vue du tournoi?
Mon équipe a la responsabilité de s’assurer que le terrain d’entraînement des Whitecaps de Vancouver au CNDS dépasse les normes élevées que l’événement requiert pour ses centres d’entraînement officiels. Mon travail consiste à préserver la santé et l’intégrité structurelle du gazon et à gérer les surfaces afin qu’elles puissent résister aux rigueurs du cycle d’entraînement qu’on verra pendant le tournoi.
Ces deux dernières années, notre courbe d’apprentissage a été très prononcée. En collaborant avec des chercheurs de premier plan dans l’industrie et des spécialistes des surfaces de niveau international, nous avons appliqué ici les normes mondiales qu’il fallait avoir pour pouvoir accueillir le tournoi en Amérique du Nord et offrir des conditions parfaites aux meilleurs athlètes au monde.
J’ai la chance d’être entouré d’une équipe extraordinaire à l’UBC et le soutien de mon épouse m’a été très précieux pendant que nous avons fait tout ce travail, qui peut être fort exigeant.
Quels sont les éléments de l’entretien des terrains qui sont les plus méconnus du public? Expliquez-nous le niveau de précision qu’il faut avoir pour s’assurer qu’un terrain reste dans les normes requises pour un tournoi international.
La préparation pour un tournoi de cette envergure nous oblige à revenir aux principes fondamentaux que nous avons appris à l’école d’entretien des terrains, comme de traiter le terrain comme un organisme vivant complexe. Ce qui veut dire qu’il faut regarder bien au-delà des brins d’herbe. Notre équipe a passé les deux dernières années à intégrer la recherche de pointe provenant de la FIFA ainsi que des universités du Tennessee et Michigan State, dont les données sur la détérioration du gazon ont complètement modifié notre approche en termes de livraison de nutriments et de cycles de récupération. Par exemple, nous surveillons la santé du gazon de la racine vers la pointe pour nous assurer que la surface est structurellement solide et suffisamment résistante pour encaisser les effets du jeu à intensité élevée. Nous perçons aussi des trous dans la terre pour nous assurer que la zone racinaire puisse supporter le compactage qu’il y a dans le déroulement du jeu de classe mondiale.
Au CNDS, où des équipes vont venir s’entraîner cinq jours sur sept, la charge sur la surface sera incessante. Nous visons la perfection afin que le roulement du ballon et l’effet de traction pour les joueurs restent uniformes tout au long du tournoi. Nous échangeons souvent avec les joueurs et le personnel d’entraîneurs en périphérie et rien ne vient mieux valider nos efforts qu’un entraîneur ou un joueur comme Sebastian Berhalter, qui évoque la qualité du terrain en s’arrêtant pour nous dire, « le terrain est exceptionnel aujourd’hui, merci ».
Quand les athlètes se sentent assez en confiance sur la surface pour jouer à 100 pour cent de leurs capacités, nous savons que nous avons fait notre boulot. Ce sont des petites choses comme la hauteur de la coupe, le taux d’humidité de la pelouse, l’exactitude de la fermeté du sous-sol qui font la différence entre un terrain standard et un terrain aux normes internationales.
En raison de la météo qui est de plus en plus imprévisible et des attentes élevées qu’ont les joueurs internationaux, la marge d’erreur est de zéro. Ma philosophie personnelle, c’est de m’attendre au pire et d’espérer le meilleur. Que ce soit en matière de météo imprévue, de bris d’équipement ou de logistique en lien avec les clôtures de sécurité, nous avons des solutions de secours pour chacune de nos solutions de secours.
La plupart des gens ne voient que du gazon vert et des lignes blanches, mais nous savons qu’il y a une science à la façon dont on ressent le sol sous les crampons. Quel est le détail, en matière de tension de surface, dont vous êtes plus fier d’avoir parfaitement dosé pour les athlètes?
Malgré la météo imprévisible et la pluie abondante qu’il peut parfois y avoir, le fait demeure que les Whitecaps de Vancouver s’entraînent tous les jours. Pour moi en tant que responsable de l’entretien des terrains, c’est le test de stress ultime.
Je suis très fier de notre système de drainage et de notre façon de gérer la surface. Quand tu vois un volume élevé de pluie et qu’il y a pourtant zéro eau stagnante sur le terrain, ça me dit que la science fonctionne bien. C’est une indication claire que nos programmes d’aération, la composition du sol et l’entretien quotidien sont au point. Je cherche toujours à m’assurer que peu importe la météo, le jeu technique n’est jamais compromis. Si le ballon roule encore parfaitement après une averse, je sais que mon équipe et moi faisons quelque chose de bien.
Qu’est-ce que ça signifie pour vous de voir l’UBC servir de centre d’entraînement pour une compétition mondiale?
La préparation pour cet événement a été un énorme effort de collaboration, alors que l’UBC a travaillé étroitement avec les Whitecaps de Vancouver, la ville de Vancouver, les autorités policières, les services d’incendie et de sauvetage et les différentes équipes qui se trouvent sur le campus, comme le département des sports et des loisirs, les opérations d’entretien des bâtiments et la sécurité communautaire. La priorité est de s’assurer qu’une fois que les équipes seront sur place, le CNDS soit un espace sûr et de haute performance qui est consacré entièrement aux équipes qui s’entraînent.
Pour l’UBC, c'est aussi une occasion unique de mettre en valeur l’excellence du CNDS. Nous avons travaillé dans le cadre de grands événements auparavant, mais il y a cette fois une énergie palpable sur le campus, ce qui fait qu’il y a un mélange tout à fait particulier de sentiment d’anticipation et d’intensité. Les yeux du monde sont tournés vers nous.
